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Mardi, 3 mai 2016… c’est le début d’un beau projet: un voyage de vélo au Québec.

C’est la première fois que je pars ainsi, seule, à vélo et avec des sacoches. J’ai tout avec moi: tente, matelas de sol, sac de couchage… je peux donc faire face à toutes les éventualités. Ce voyage est une expérience, un test car je prévois partir cet été et faire la traversée du Canada à vélo. Ça va donc me permettre de vérifier ma forme, mon vélo, mon matériel, les moyens de communication, les différents types d’hébergement…

J’avais l’intention de me rendre dans les Cantons de l’Est, possiblement passer par Québec et, au retour, faire de la randonnée dans le parc de la Mauricie. Très ambitieux comme projet! Pour l’itinéraire et les chemins à parcourir, je me suis basée sur Google Maps – section vélo.

Itinéraire final et kilométrage:

jour 1:       St-Eustache  –  St-Lambert    52 km    (13,1 km/hre)
jour 2:       St-Lambert  –  Cowansville    98 km    (14 km/hre)
jour 3:       Cowansville  –  Sherbrooke    100 km    (13,3 km/hre)
jour 4:       Sherbrooke  –  Eastman    52 km    (12,8 km/hre)
jour 5:       Eastman  –  Victoriaville    115 km    (15,3 km/hre)
jour 6:       Victoriaville  –  Nicolet    72 km    (14,3 km/hre)
jour 7:       Nicolet  (jour de repos)
jour 8:       Nicolet  –  Berthierville    99 km    (17,3 km/hre)
jour 9:       Berthierville  –  St-Eustache   96 km (18,1 km/hre)

kilométrage total: 684 km

Jour 1: St-Eustache - St-Lambert (52 km)

52 kilomètres, c’est pas beaucoup mais je tenais avant tout à m’habituer à rouler avec des sacoches car rouler avec des sacoches pleines… c’est vraiment pas pareil! De plus, il ne faut pas se le cacher, la forme n’y est pas et le surplus de poids, lui, y est!!! Alors une journée de 52 km, c’est parfait pour débuter.

La journée est plutôt fraîche et le soleil ne se montre le bout du nez que par intermittence mais bien habillée, en multi-couches, c’est confortable. J’ai traversé Laval et Montréal. Je me suis arrêtée à la Maison des cyclistes de Montréal. On y trouve les bureaux de Vélo Québec, un café, une boutique et une agence de voyages à vélo. Le sandwich y était délicieux!

J’ai poursuivi ma route en empruntant la piste cyclable du pont Jacques-Cartier qui relie Montréal à Longueuil.

Du pont, il est possible de bifurquer et de se rendre au Parc Jean-Drapeau. Celui-ci est composé des îles Ste-Hélène et Notre-Dame.

Sur l’île Ste-Hélène, j’ai passé par la Biosphère. Elle abritait, lors de l’Expo 67, le pavillon des États-Unis. Aujourd’hui, elle est devenue un musée qui offre des expositions sur tout ce qui touche l’environnement.

J’en ai aussi profité pour rouler sur le circuit Gilles-Villeneuve situé sur l’île Notre-Dame. Il mesure 4,361 km et accueille le Grand Prix du Canada mais aussi les amateurs de vélo, de patins à roues alignées, de jogging et de marche. En fait, c’est un lieu bien connu pour l’entraînement des cyclistes. J’étais, avec mes sacoches, un vrai escargot, les autres cyclistes me dépassaient comme si j’étais arrêtée!

circuit Gilles-Villeneuve

J’arrive tôt à St-Lambert. J’en profite pour m’arrêter dans une pâtisserie et commander un muffin canneberges et chocolat avec un café… rien de tel pour reprendre les calories dépensées dans la journée mais ça valait vraiment la peine car c’était délicieux!

Je termine la journée au Centre de la Nature du Mont St-Hilaire (un endroit magnifique!) à faire un peu de randonnée et à flâner sur le bord du lac Hertel alors que l’amie qui m’offre le gîte pour la nuit, elle, faisant partie d’un  groupe de coureurs, se dégourdit les jambes en courant dans les différents sentiers de la montagne.

Jour 2: St-Lambert - Cowansville (98 km)

Je quitte tôt (6h30), il fait 3° celsius… pas chaud pour faire du vélo mais quel bonheur que de s’arrêter au Tim Horton pour un bon café chaud et un muffin et refaire le plein d’énergie!

De St-Lambert, j’emprunte la Route Verte #1 (La Montée du chemin de Chambly, la Piste cyclable du Canal-de-Chambly) jusqu’à St-Jean-sur-Richelieu.

La Route verte du Québec, 6e édition, p.78

La Route verte c'est...

  • un réseau de plus de 5000 km de pistes cyclables et d’itinéraires sur route
  • un réseau qui unit le Québec d’ouest en est et du nord au sud
  • un réseau jalonné de balises désignant le numéro de l’axe sur lequel on roule

Voici quelques photos du canal de Chambly. Le canal est une voie navigable d’une vingtaine de kilomètres située le long de la rivière Richelieu. On y retrouve 9 écluses.

Rendue à St-Jean-sur-Richelieu, je dois me rendre à l’évidence, la pluie fine débutée plus tôt ne tarira pas… il est temps de sortir pantalon et imperméable!

Je poursuis sur La Montérégiade jusqu’à Farnham avant de bifurquer et d’emprunter des routes secondaires jusqu’à Cowansville.

La Route verte du Québec, 6e édition, p.84

Pont Freeport - Cowansville

L’origine des ponts couverts remonte au XIIième siècle en Europe.
Je me suis toujours demandé pourquoi l’on couvrait les ponts ainsi. Apparemment, en protégeant la structure du pont des intempéries, le toit prolongeait la durée de vie du pont de façon significative.

Me voilà donc rendue à Cowansville… je suis brûlée!!!

Aujourd’hui, moyenne de 14 km/hre. C’est définitivement plus lent que ce à quoi je m’attendais. C’est beaucoup plus difficile que ce à quoi je m’attendais et les sacoches, c’est définitivement lourd à porter!

Heureusement, j’ai été extrêmement bien reçue. Superbe accueil. Merci pour l’hospitalité!

Jour 3: Cowansville - Sherbrooke (100km)

Après une bonne nuit de sommeil, je reprends la route. Je me dirige vers Bromont afin de rejoindre la Route Verte #1 (L’Estriade).

La Route verte du Québec, 6e édition, p.86

L’Estriade est une piste cyclable pavée. Elle a été aménagée sur le tracé de la voie ferrée qui traversait les municipalités de Bromont et de Waterloo.

Un ancien wagon de queue appelé caboose a été transformé en relais.

Je me suis arrêtée à Waterloo pour y prendre un second déjeuner. Ça creuse le vélo! De Waterloo, la Route verte #1 porte le nom de la Montagnarde.

La Route verte du Québec, 6e édition, p.90

La Montagnarde… et vous pouvez me croire elle porte bien son nom! Elle relie les agglomérations de Waterloo à Eastman. Le parcours est caractérisé par ses élévations (!) et ses nombreux points de vue. Toute la journée, je pensais à tout ce que je transportais, à tout ce qui était lourd et à tout ce qui était loin d’être essentiel. J’ai même dû, à quelques occasions, tout simplement descendre du vélo et marcher et croyez-moi, c’est pas nécessairement plus facile… par contre, c’est excellent pour la remise en forme!

De Eastman, j’ai bifurqué et ai emprunté la route 112 pour me rendre à Magog. De là, j’ai pris la piste cyclable “L’axe de la Magog”. J’ai passé par la ville de Rock Forest avant d’arriver à ma destination finale: Sherbrooke.

La Route verte du Québec, 6e édition, p.94

Très beau parcours mais j’arrive, une fois de plus, complètement brûlée!

J’ai roulé à une vitesse de 13,3 km/hre soit plus de 7hres 30 sur le vélo! Le postérieur se porte étonnamment bien, ça a quand même certains avantages les quelques livres en trop!

Au niveau de la température, ça a été nuageux une bonne partie de la journée. Frais mais moins que la veille. Météo Média annonce un adoucissement pour les prochains jours. Je me rends compte plus que jamais de l’importance de la température lorsque l’on voyage en plein air.

Ça sera beaucoup plus agréable avec des températures plus douces.

Jour 4: Sherbrooke - Eastman (52 km)

Je me dirige vers Eastman, je sais, je reviens sur mes pas mais là encore,  j’y ai une connaissance et je tenais à aller la voir.
Le soleil est au rendez-vous, ça fait vraiment toute la différence! Superbe journée!

Jour 5: Eastman - Victoriaville (115 km)

J’avais un peu d’appréhension en débutant la journée en raison du kilométrage à parcourir et de ma lenteur… ma vitesse moyenne des derniers jours en témoigne!

Je devais me rendre à Victoriaville car j’avais pris rendez-vous avec ma tante et mes parents… je ne pouvais donc pas m’arrêter avant car je ne voulais pas manquer ce rendez-vous.

Cela s’est avéré être, finalement, l’une des plus belles journées de la semaine tant au niveau de la température, beaucoup plus douce, que de la route. Les dénivelés de la journée étant beaucoup moins importants que ceux des derniers jours, ça a aidé à trouver la route agréable!

Par ailleurs, après la pesée des sacoches (fait la veille),  j’ai réalisé qu’elles ne pesaient en fait qu’une quarantaine de livres… ce qui est fort raisonnable. Ça m’a aidé à relativiser les choses et m’a fait réaliser qu’elles n’étaient en fait pas si lourdes que ça et que je devais tout simplement m’y habituer et cesser de pester contre elles!

Dans un premier temps, je débute la journée en empruntant le “Sentier de l’Ardoise” et je me rends à Bonsecours.

Je m’arrête car j’appréhende la côte qui se profile à l’horizon… et là, je me rends compte qu’il me faut tourner à droite sur la rue du Chemin de Fer avant de l’atteindre et que je n’ai donc pas à la “gravir”! Quel bonheur!

Par la suite, j’emprunte le réseau cyclable “La Cantonnière” pour me rendre à Valcourt. J’y croise un chevreuil et même un renard!

C’est à Valcourt que j’ai vécu un pur moment de grâce. J’étais affamée, je me suis donc arrêtée au dépanneur. J’ai acheté un muffin, un yogourt et un café… tout ce qu’il y a de plus simple. J’ai mangé, plutôt savouré le tout sur une table de pique-nique tout près.

C’est là que c’est arrivé, le pur moment de grâce:
Le bonheur de vivre le moment présent, de manger à sa faim… ça n’a pas de prix!
Le bonheur de vivre en paix… ce n’est pas donné à tout le monde!
Merci à la vie!!!

J’ai poursuivi jusqu’à Richmond en passant par Maricourt et Melbourne. À Richmond, j’ai retrouvé la Route verte #1.

J’ai emprunté le Sentier de la Vallée jusqu’à Danville et le Parc linéaire des Bois-Francs jusqu’à Warwick et Victoriaville. Il s’agit d’une piste entièrement aménagée sur une ancienne voie ferroviaire. Très belle piste cyclable, plusieurs arrêts aménagés, de nombreux panneaux indicateurs, de beaux points de vue… très agréable.

Il ne faut cependant jamais relâcher son attention car le risque de chute est toujours présent sur des pistes de poussière de roche et de terre. J’ai, en effet, failli me casser la “margoulette” en roulant sur une portion moins ferme de la piste. J’ai, heureusement, pu reprendre mon équilibre juste à temps!

Jour 6: Victoriaville - Nicolet (72 km)

J’ai fait la grasse matinée et n’ai quitté Victoriaville qu’à 9:00… et il s’est mis à pleuvoir à 9:15!

Je savais par Météo Média qu’il y aurait de la pluie une bonne partie de la journée mais je n’avais pas porté attention à l’annonce de la chute de température de près de 10° celsius! 4 couches pour le haut sans compter un petit imper transparent et 2 couches pour le bas… un vrai bonhomme michelin! Quand je me suis arrêtée à un dépanneur prendre un chocolat chaud, les enfants ne pouvaient s’empêcher de me dévisager!

Après plus de 5 heures de route, me voilà rendue à destination: l’hôtel Monfort de Nicolet. Je n’avais, initialement, pas prévu passé par Nicolet. C’est la raison pour laquelle j’ai effectué la réservation à la toute dernière minute: une chambre avec cuisinette. Très belle chambre, très bel accueil, très contente de mon choix.

hôtel Monfort, Nicolet

Jour 7: Nicolet - jour de repos

Après avoir parcouru près de 500 kilomètres, bravé le froid, les côtes, le vent, la pluie… j’opte pour une journée de repos. Il faut dire que la température m’a aidé à prendre ma décision: nuageux avec une température ressentie de 9° celsius au plus chaud de la journée.

Je profite donc du spa de l’hôtel pour un massage… ça a fait le plus grand bien à mes muscles endoloris.

Je décide, par la suite, d’aller me promener en ville. Fondée en 1672, Nicolet est l’une des plus anciennes villes du Québec. C’est dommage mais je coupe court à la visite en raison de la température qui est vraiment fraîche. Je fais une petite épicerie et rentre à l’hôtel… bien au chaud!

Jour 8: Nicolet - Berthierville (99km)

C’est le retour du soleil!!! Je me rapproche de la “grande ville”: moins de pistes cyclables, plus de routes secondaires.
Je quitte le Centre du Québec… c’est un retour dans la région touristique de la Montérégie.

Je passe par Yamaska avant de me rendre à Sorel y prendre le traversier qui me fera traverser le fleuve St-Laurent vers la rive nord.

Il est encore tôt et le temps s’est adoucit. J’en profite pour rouler sur les îles de Berthier soit sur St-Ignace-de-Loyola et sur La Visitation-de-l’Île-Dupas avant de me rendre à Berthierville.

J’ai même croisé une marmotte que j’ai réussi, in extremis, à photographier.

marmotte

Jour 9: Berthierville - St-Eustache

Pour la dernière journée de la semaine, j’emprunte le Chemin du Roy. Le Chemin du Roy, c’est une route touristique de près de 300 km. Le chemin longe le fleuve le St-Laurent et offre des points de vue panoramiques à couper le souffle. À l’époque, c’était la voie de communication qui permettait aux diligences et aux convois postaux de faire la navette terrestre entre les villes de Québec et de Montréal.

Et pour terminer, en plein quartier résidentiel… une marmotte!

marmotte banlieue

Sur la route, au cours de la semaine, j’ai croisé 2 chevreuils, 1 renard, 1 couleuvre et 3 marmottes… sans compter une nuée de moustiques particulièrement voraces!

Conclusion

J’ai particulièrement aimé la semaine que je viens de vivre et ce, malgré le froid, les côtes, le vent, la pluie…
J’ai aimé parce que ça a été une semaine pleine d’apprentissage, parce que ça m’a donné l’occasion de revoir certains amis et membres de la famille et parce que ça m’a permis de me dépasser.

Je me sens tellement privilégiée d’avoir eu la capacité d’entreprendre et de réaliser un tel projet. Retrouver la forme, perdre quelques livres, sortir de sa zone de confort… c’est tellement gratifiant!

Je vous souhaite à tous de trouver un projet qui vous fera sourire et grandir.