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Mes premiers jours de randonnée… y en aura pas d’facile!!!

par | 28 Mai 2018 | GR10, Pyrénées Occidentales | 12 commentaires

Jour 1:  Hendaye – Olhette en passant par… l’Espagne!!!

 

Je ne suis pas encore remise du décalage horaire… à 3:30, j’ai les yeux grands ouverts! J’en profite pour quitter tôt (7:30).

Le GR10 débute à la plage d’Hendaye en face de l’ancien Casino de style mauresque. Les balises que je dois suivre sont rouges et blanches. Elles sont beaucoup moins voyantes et fréquentes que les flèches jaunes du Chemin Portugais. Je dois vraiment y porter une attention particulière et ne pas trop laisser mon esprit vagabonder!

C’est très humide, il fait 19,5℃ et c’est nuageux +++  (certaines des photos ont été prises la veille alors qu’il faisait un beau soleil). Les prévisions météo ne sont pas très réjouissantes. Il a plu durant la nuit et il annonce de la pluie dans la journée et dans les prochains jours. On me dit qu’après un hiver exceptionnellement “neigeux” que le printemps n’est pas tellement mieux… qu’il pleut +++. Je me dis que c’est pas grave car je suis bien équipée! Ci-après, un tableau des températures que l’on doit s’attendre à avoir sur le GR10.

Il n’est pas toujours facile de savoir quel chemin prendre. Le balisage n’est pas toujours évident… ou présent! À un moment donné, j’ai eu la chance de rencontrer un “local”… il m’a dit: “Ne va surtout pas à droite… tu vas te rallonger!”. Sur la route, je croise des vaches, des poules, des chiens… et les paysages sont très beaux malgré le temps couvert.

J’ai fait un détour et je suis passée par le village de Biriatou (environ 1000 habitants). En voyant le “fronton”, ça m’a rappelé les Grands Explorateurs. En effet, il y a près de 2 ans, je suis allée voir la représentation sur les Pyrénées et si je ne me trompe pas, il y avait des images de ce village-là… ou du moins, d’un autre très similaire! C’est là que les joueurs de pelote basque se rassemblent. C’est aussi à Biriatou que j’ai fait la rencontre de 2 adorables chiens. Le plus foncé m’a suivi jusqu’au col d’Ibartin soit pendant plus de 3 heures!!! À ce moment-là, j’étais certaine que lorsque j’allais raconter l’anecdote à ma mère qu’elle était pour me dire qu’il avait été envoyé pour me protéger et me montrer le chemin! Effectivement, il me précédait, m’attendait et semblait vraiment très bien connaître le GR10! Sa présence  a effectivement été très rassurante lorsque la pluie s’est mise à tomber et que le brouillard a rendu la visibilité quasi-nulle… et ça, c’est sans compter le tonnerre et les éclairs!!!

Je suis arrivée au col d’Ibartin en début d’après-midi et j’en ai profité pour prendre une pause… et une bouchée! J’en ai aussi profité pour recharger un peu mon téléphone dont la batterie était tombée, pour je ne sais trop quelle raison, à plat. C’est aussi ici que mon adorable accompagnateur (le chien!) a rebroussé chemin pour retourner, j’imagine, à Biriatou.

J’ai repris la route et j’ai continué à suivre le balisage blanc et rouge. Je me rendais bien compte qu’il y avait quelque chose qui clochait mais je me disais que je ne pouvais pas me tromper car je suivais le balisage. Je me suis finalemen retrouvée à Bera… en Espagne!!! Je me suis arrêtée au café et c’est là qu’un jeune homme qui baragouinait un peu le français m’a confirmé que j’étais bel et bien à Bera… à 11 kilomètres de Olhette!!! C’est aussi là que j’ai réalisé que le balisage blanc et rouge que je suivais depuis la dernière heure 1/2 était en fait le GR3 et non pas le GR10!!! C’est là que j’ai compris que le balisage blanc et rouge n’était pas exclusif au GR10 mais était plutôt le balisage de tous les GR! Leçon durement apprise!!!

N’ayant pas l’énergie de rebrousser chemin, j’ai décidé de prendre un taxi pour me rendre au camping de Olhette. Pas chanceuse… c’est un camping réservé exclusivement aux “mobil home”!!! C’est pourtant un camping que m’avait référé l’Office de Tourisme de Hendaye! J’étais vraiment pas contente de ne pas avoir eu la bonne information! Je suis finalement allée dans un gîte. Ça a été un mal pour un bien car il a plu durant la nuit! Le propriétaire du gîte m’a dit qu’il était fréquent que les gens se trompent de chemin au col d’Ibartin et qu’il lui arrivait régulièrement de devoir aller chercher des clients perdus. Ça m’a un petit peu réconforté de savoir que je n’étais pas la seule à qui ça arrivait! Au gîte, j’ai fait la connaissance d’un couple de retraités français. Ils comptaient faire le GR10 sur un bon 300 kilomètres. Le propriétaire du gîte nous informe qu’en raison de l’hiver exceptionnellement “neigeux”, que les cols sont inhabituellement enneigés et ça, ça peut être problématique car je ne suis pas équipée (crampons, piolet…) pour traverser des cols enneigés de façon sécuritaire.

La bonne nouvelle… mes bottes! J’ai apporté ma vieille paire de bottes et je n’ai, pour ainsi dire, pas mal aux pieds. Je n’ai, par contre, pas l’impression qu’elles vont durer jusqu’à la fin du voyage… c’est à suivre! La moins bonne nouvelle… les prévisions météorologiques!

Jour 2:  Olhette – Sare

 

Je me réveille tôt (2:30!) en raison du décalage horaire mais surtout en raison des maringouins!!! Ils arrivaient à trouver (et à piquer!) chaque petit bout de peau laissé à découvert!!! Il faut aussi dire que j’étais préoccupée par la température des prochains jours.

Le petit déjeuner servi au gîte consistait en une baguette de pain, de la confiture et du café au lait. Je suis toujours surprise de voir à quel point les français ont des déjeuners peu consistants… surtout avant d’entreprendre une grosse journée de randonnée!

Je quitte tôt (7:30) et la pluie se met à tomber quelques minutes après mon départ. Contrairement à la veille, j’ai mon topo-guide et ma boussole à portée de main. Je ne veux surtout pas que la même mésaventure se reproduise! Dans un premier temps, je monte jusqu’au col des 3 Fontaines. Je croise de nombreux “pottoks”… petits poneys basques vivant en totale liberté. Je devine, par moments, la Rhune. Il s’agit du premier sommet de la chaîne pyrénéenne. La pluie devient de plus en plus forte… orages, tonnerres et éclairs se mettent de la partie! Peu rassurant!!!

Le couple de retraités rencontré la veille me rejoint au col. Je me joins à eux pour la descente. Le balisage laisse vraiment à désirer. À un moment donné, même si nous étions 3 à vraiment porter attention, nous avons bifurqué au mauvais endroit! Les orages se poursuivent. Les éclairs, les grondements de tonnerre…

Nous arrivons à Sare après plus de 4 heures 1/2 de marche. Depuis mon passage en Irak l’an dernier, je sursaute au moindre bruit qui sort de l’ordinaire. À chaque fois que j’entendais le bruit des grondements du tonnerre, je ne pouvais pas m’empêcher de repenser aux bombardements de la vieille ville de Mossoul. Ça me mettait tellement  mal à l’aise qu’à un moment donné mon niveau d’anxiété est devenu très élevé. J’ai décidé de m’arrêter à Sare… de toute façon, les éclairs, c’est hyper dangereux!!! J’ai pris une chambre à l’hôtel Lastiry. L’accueil fût extraordinaire!!! La dame (Patricia) qui m’a reçue a vraiment été très gentille.

Mes bottes étaient littéralement imbibées d’eau et en voulant les retirer, j’ai eu un petit souci… le talon a lâché!!! Ça, ça vraiment été la cerise sur le sunday!!!

Après réflexion, j’en suis venu à la conclusion qu’il était préférable de retourner à Biarritz pour l’achat d’une nouvelle paire de bottes de randonnée. De toute façon, avec les prévisions météo et les orages à venir, je n’étais plus du tout intéressée à poursuivre la randonnée!!!

Il y a eu des éclaircies dans l’après-midi. J’en ai profité me promener et visiter le village qui se trouve à être l’un des plus beaux villages de France.

Jour 3:  Sare

 

Aujourd’hui, c’est dimanche et tout est à peu près fermé le dimanche en France. Il n’y a pas d’autobus pour me rendre à Biarritz. Patricia m’a gentiment offert de me reconduire à Biarritz à la fin de son quart de travail à 19:00. Ça aussi, j’ai trouvé ça tellement gentil!!! J’en ai, pendant ce temps, profité pour aller visiter les grottes de Sare. Ça a été une visite guidée en son et lumière et ça a été vraiment très intéressant!

Et, juste à côté de la grotte, on retrouve le parc Mégalithique. Ça aussi, ça a été très intéressant. Quand on parle de mégalithe, on parle d’un monument constitué d’une ou de plusieurs très grosses pierres. Il y avait plusieurs panneaux d’interprétation avec explications sur les différents rites funéraires en Pays Basque. Le rite d’inhumation avec ses dolmens, ses coffres dolméniques, ses dolmens de dimension intermédiaire et ses rites d’incinération avec ses tumulus-cromlech et ses tumulus-cairn ont été expliqués. On a aussi retrouvé, sur le site, des monolithes (menhirs) couchés et debout.

Sur le chemin du retour, j’en ai profité pour “jaser” avec la chauffeuse d’autobus. Elle m’a dit, elle aussi, qu’il avait beaucoup neigé dans les montagnes l’hiver dernier. Il avait même neigé à Sare ce qui ne s’était pas produit depuis 1986!!! Il me faut définitivement penser à un plan B!

Jour 4:  Biarritz (Anglet)… de retour!!!

 

En arrivant devant l’hôtel, j’avais quasiment l’impression d’être de retour à la maison et que ça faisait une éternité que j’en étais partie… alors qu’en réalité, ce n’était pas la maison et ça ne faisait que quelques jours!

Petite journée tranquille… sous la pluie! Je suis retournée chez Décathlon pour, cette fois-ci, m’acheter une paire de bottes de randonnée. J’en ai aussi profité pour discuter avec la vendeuse qui, elle, avait été en montagne il y a de cela quelques jours. Elle m’a dit qu’il y avait encore beaucoup de neige, pas juste des névés… Il me faut définitivement un plan B!!!

 

Le GR78 semble être la solution. “La voie du piémont pyrénéen constitue une très belle alternative permettant de découvrir le riche patrimoine des Pyrénées en traversant de magnifiques paysages montagnards”. C’est ce qu’on peut lire au sujet du GR78. Je me suis rendue chez la FNAC pour me commander le topo guide Chemin du Piedmont Pyrénéen. D’après ce que j’en sais, le GR78 relie Carcassonne à St-Jean-Pied-de-port sur plus de 500 kilomètres. Mon plan est de me rendre à St-Jean-Pied-de-Port demain puis de là, marcher jusqu’à Lourdes. Rendue là, je verrais si je continue sur le GR78 ou si je vais plutôt bifurquer vers le sud pour rejoindre le GR10 à Arrens-Marsous.